La Pigna est le centre historique médiéval de Sanremo : un quartier en cercles concentriques sur la colline, fait de ruelles raides, d’escaliers, d’arches et de passages couverts, qui monte de la ville nouvelle jusqu’aux jardins et au sanctuaire tout en haut. Vous le visitez à pied, gratuitement, en une ou deux heures ; l’entrée classique est la Porta di Santo Stefano.
Le nom vient de la forme du quartier, qui vu d’en haut rappelle une pomme de pin. Il n’y a pas de billet, mais beaucoup de marches : de bonnes chaussures comptent plus qu’un guide.
Par La rédaction Italian Riviera·Mis à jour le ·Lecture 6 min
Histoire : pourquoi il est ainsi fait
Le noyau est né vers le XIe siècle sur une hauteur facile à défendre, puis a été agrandi et renforcé jusqu’au XVIe siècle pour protéger les habitants des raids des corsaires barbaresques. C’est pourquoi le quartier grandit en cercles, avec des maisons collées les unes aux autres, des portes et des passages couverts : c’était une ville conçue pour se fermer.
En 1550 fut bâtie la Torre Saracena, une tour de guet circulaire et élancée, aujourd’hui séparée du quartier. Après la révolte contre Gênes en 1753, les Génois démolirent le château médiéval du sommet ; le tremblement de terre du 23 février 1887 rasa d’autres maisons et laissa la place aux jardins qui portent aujourd’hui le nom de la reine Elena. Au XIXe siècle le tourisme tira la ville vers la mer et la Pigna resta à l’écart pendant des décennies.
Porta di Santo Stefano et les enceintes
Les arches de Santo Stefano, du XIVe siècle, marquent l’entrée par le bas et séparent la vieille ville de la nouvelle. En montant depuis la piazza Cassini, vous passez trois portes d’époques différentes : la plus ancienne, de la première moitié du XIVe siècle, porte une plaque de marbre de 1321 avec des armoiries usées ; puis une porte du XVe ; enfin une porte du XVIe, bâtie contre les corsaires, avec une tour transformée en habitation. À San Giuseppe, une porte conserve aussi son mâchicoulis, l’ouverture d’où l’on frappait les assaillants.
Itinéraire à pied dans la Pigna
Il n’existe pas de parcours officiel balisé : voici un ordre raisonnable pour monter sans repasser par les mêmes rues. Gardez une carte ouverte, les ruelles sont trompeuses.
Rivolte di San Sebastiano et piazza dei Dolori
Juste après la porte, à gauche, le passage couvert des Rivolte di San Sebastiano mène à la piazza dei Dolori : arcades, armoiries médiévales et l’oratoire San Sebastiano, construit après la peste de 1502, aux fresques du XVIIe siècle restaurées. Le pape Paul III y aurait prié en mai 1538 ; un incendie a endommagé l’oratoire dans la nuit du 16 au 17 avril 1945. Le Palazzo Gentile-Spinola donne aussi sur la place.
Piazza Santa Brigida
C’est la place la plus vivante du quartier : un marché et, l’été, un cinéma en plein air. L’église désacralisée est aujourd’hui un centre culturel. La place a été refaite dans le cadre des travaux de requalification du quartier.
Via Palma et piazza della Cisterna
La via Palma était l’axe principal du quartier, bordée des maisons des familles en vue : la Casa Manara, considérée comme la plus belle maison de Sanremo, accueillit Paul III les 17-18 mai 1538, et le Palazzo Sapia-Rossi rappelle le dîner de Napoléon, alors commandant d’artillerie, le 7 septembre 1794. La piazza della Cisterna doit son nom aux citernes qui recueillaient l’eau de pluie avant l’aqueduc ; on y voit un tabernacle votif de la fin du XVIIIe siècle, la « Madonna del latte ».
Église San Giuseppe et oratoire San Costanzo
San Giuseppe, commencée au XVIIe siècle et achevée au XIXe, est la plus grande église du quartier. L’oratoire San Costanzo fut reconstruit en 1897 après le séisme de 1887 et conserve les reliques du martyr et le corps de saint Faustin, patron des fleuristes.
Tout en haut : jardins et sanctuaire
Les Giardini Regina Elena datent d’après le séisme de 1887, dans la partie haute du quartier, et offrent une large vue sur les toits et la mer. Plus haut encore, à environ 100 mètres d’altitude, le sanctuaire de la Madonna della Costa est baroque (édifice de 1630, coupole du XVIIIe siècle) et son parvis domine toute la baie.
Pour le retour, choisissez un autre chemin : la Pigna se savoure mieux en descendant.
Le Musée civique est au Palazzo Nota, piazza Alberto Nota 2, depuis 2016. Selon la ville, il ouvre du mardi au dimanche de 10 h à 18 h (page de mai 2026) ; les horaires d’été sont différents.
Le quartier renaît : ateliers d’artisans, quelques bistrots, places refaites. Il fait partie du projet « La Pigna UP », financé aussi par le plan de relance italien (PNRR), qui prévoit la restauration de places, de rues et de bâtiments historiques, dont l’oratoire Santa Brigida, la chapelle Bottini et les jardins. Nous n’avons trouvé aucune information 2026 sur l’état des chantiers : si vous croisez des barrières ou des parcours fermés, c’est normal.
Conseils pratiques
Allez-y le matin ou en fin d’après-midi : l’été, les escaliers sont chauds et sans ombre.
Portez des chaussures à bonne semelle ; poussettes et valises sont peu pratiques, les fauteuils roulants souvent impossibles.